L’art du pastel, de Degas à Redon

L’art du pastel de Degas à Redon

 (Tout d’abord, petite astuce : sachez que si vous faites une exposition temporaire un premier dimanche du mois (jour où les musées sont gratuits), vous n’avez pas à faire la queue vous pouvez aller directement acheter votre billet !)

 Je suis donc allée visiter l’exposition sur l’art du pastel qui se tient au Petit Palais.

Si je n’ai pas pu prendre de photos de la muséologie appliquée à cette exposition, à cause de la piètre qualité photographie de mon GSM, je peux cependant vous en faire un compte rendu. L’expo se tient au sous-sol du petit palais, et le premier sentiment que j’ai eu en entrant dans la pièce a été : ok, c’est petit, c’est renfermé, et on est tous serrés. Point assez négatif là-dessus car il est donc impossible de prendre du recul sur les œuvres (par contre, pour les regarder de près, pas de soucis on vous y pousse même !).

L’agencement même des œuvres est cependant intéressant. Le nom de l’exposition est là que pour attirer les foules, mais les œuvres présentées sont belles, douces, parlantes et surtout intéressantes.

Si le pastel connaît son apogée au cours du XVIIIème siècle, il ne s’est jamais éteint et a été utilisé par de nombreux artistes par la suite. Au cours de la seconde moitié du XIXème siècle, cette technique permettant de ne pas trop s’encombrer, de cumuler les couleurs mais également de tracer des traits vifs et pouvant représenter l’instant rapidement, était très prisée.

Le Petit Palais fait donc une présentation chrono-thématique de cette technique, en commençant par les naturalistes pour terminer par les symbolistes. Si je ne me sens pas en mesure de critiquer de quelconque manière l’exposition, je fais le choix de vous présenter les œuvres qui m’ont le plus marqué au cours de cette exposition…

Le pastel chez les naturalistes

 Le naturalisme en peinture désigne une représentation mimétique de la nature, et notamment le thème « paysan » comme en témoigne les peintures de Jean-François Millet.

Parmi les oeuvres de cette salle, celle qui a retenu mon attention, est le Retour du marché de Louise Breslau.

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Le retour du marché, Louise-Catherine Breslau, deuxième moitié du XIXème siècle, Petit Palais

Ce portrait, représentant une figure populaire, dégage une émotion telle que cette jeune fille tenant son panier, malgré son regard fuyant, a attiré mon intérêt. Le traité rapide, comme pris sur le vif face à une jeune fille fuyante, donne envie de s’intéresser à cet être aux allures si fragiles…  Le naturalisme est dans l’absence de recherche de magnifier le personnage représenté, mais simplement de le représenter tel qu’il est : dans ses qualités et ses défauts.

Le pastel chez les impressionnistes

 Pour résumer grossièrement l’impressionnisme, il s’agit d’une volonté picturale – en réaction aux courants précédents – visant à représenter les choses tel que l’œil les voit. On cherche à représenter la mobilité des phénomènes, des choses, des gens, plutôt qu’une stabilité prude et habituellement utilisée. Le pastel qui m’a le plus plu est la Femme s’essuyant de Pierre George Jeanniot.

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Femme s’essuyant, Pierre-Georges Jeanniot, 1905, Petit Palais

Si cette œuvre a été placée parmi les œuvres impressionnistes, cela est surement dû au traitement des couleurs et aux traits verticaux et verticaux utilisés pour colorer la toile. Cependant, le personnage principal ainsi que les meubles sont cernés par un trait noir assez épais, rappelant le travail des Nabis, avec un sujet rappelant le travail d’Edgar Degas.

Le pastel mondain

En voyant cette section de l’exposition, je me suis demandée pourquoi, au milieu de différents courants picturaux, on se retrouve avec une section concernant les mondanités. Il s’agit en fait des portraits demandés par des personnes « de la haute » ayant pour objectif de les mettre en valeur. Mon favori a été Berthe de James Tissot.

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Berthe, James Tissot, vers 1883, Petit Palais

Au-delà de l’aspect mondain souhaité, j’ai trouvé très intéressant de voir la manière dont le visage est traité avec douceur, sur un fond travaillé plus grossièrement. De plus, si le visage est constitué d’une multitude de petits traits fins, le bas du tableau est très peu travaillé. Les traits sont beaucoup plus relâchés, et cela se voit notamment dans le traité du bas du vêtement ainsi que des mains, démontrant un intérêt prononcé pour le rendu du visage et de l’expression de la jeune fille. Son regard, noir et perçant, fixe le spectateur et l’attire. Ainsi, on ne remarque qu’après un certain temps de la partie inférieure du tableau tant ce regard est puissant.

Le pastel symboliste

 Le symbolisme naît en réaction aux courant réalistes et naturalistes, souhaitant revenir à la représentation de la réalité. Le symbolisme rejette l’inspiration par la nature, il ne s’adresse pas au regard de l’homme mais à son esprit. En effet, ce courant a pour but de mettre en avant une certaine spiritualité. Le but est de mettre en avant une réalité se cachant derrière les apparences. L’un des sujets les plus abordés par les symbolistes est la femme, le fantastique, l’imaginaire.

L’appasionata de Lucien Lévy-Dhurmer est donc un parfait exemple de l’attrait des symbolistes pour la féminité, le rêve, le fantastique.

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L’appassionata, Lucien Lévy-Dhurmer, c.1906, Petit Palais

L’absence de fond concret, mais l’utilisation uniquement de couleurs chaudes (rouge, orange, rose) en guise d’arrière plan, sort le sujet de son contexte et le place alors dans un monde imaginaire dont le spectateur est le principal acteur. La figure féminine se détache, bien qu’elle soit très fondue avec le fond du tableau. Les traits semblent désordonnés tout autour de cette figure, ce qui pourrait signifier la réalité de la beauté du corps féminin dans un monde flou, en perpétuel mouvement comme semble l’indiquer la position du corps de la jeune femme. De plus, le sujet de la passion et les couleurs chaudes coïncident avec les sujets symbolistes.

Cette exposition fut donc un réel bonheur pour les yeux, mélangeant douceur et émotions face à des oeuvres variées et subjectivement magnifiques. Petit point négatif pour l’étroitesse du lieu… mais un vrai petit bijou que je recommande tout de même car ce sont des oeuvres très fragiles, et donc rarement exposées…

Je ne puis vous en dire plus car vos avis vous seront propres, mais voici un aperçu très personnel de ce que j’ai pu tirer de cette exposition, visitée début décembre.

 

 

 

 

 

 

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